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Comprendre et Prévenir : la dénutrition de nos proches âgés

Billet ajouté le 26 avril 2021 à 14h57

Parmi les préoccupations de santé publique, la dénutrition de nos proches âgés est un pointparticulièrement mis en avant notamment dans le plan d'action n°3 du Programme National NutritionSanté (PNNS). La dénutrition est l’état d’un organisme en déséquilibre nutritionnel – quand nos apports alimentaires sont insuffisants pour couvrir nos besoins nutritionnels - Les besoins nutritionnels de l'organisme regroupent les apports : en nutriments (glucides, lipides, protéines) et en micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments) précieux pour notre organisme.

 

Près de 2 millions de français sont touchés par cette pathologie. Parmi eux, on estime qu’elle touche : 4 à 10 % des personnes âgées vivant au domicile, 20 à 40 % des seniors vivant en institution, 40 à 50 %des personnes âgées hospitalisées. La SFNEP (Société Francophone Nutrition Clinique & Métabolisme) et la Haute Autorité de santé, estiment à 700 000 le nombre de personnes âgées concernées par la dénutrition en France.

 

La perte de poids est le symptôme le plus reconnaissable de la dénutrition de la personne âgée. Un amaigrissement de 5 % du poids en un mois – ou de 10 % en six mois – signale une dénutrition de la personne âgée. Chez la personne âgée, la dénutrition entraîne voire aggrave un état de fragilité ou de dépendance et contribue à la survenue de pathologies. Le défaut d'apports entraîne un amaigrissement général, une diminution de la masse musculaire, et peut conduire à une carence en vitamines D et en calcium. La dénutrition a pour conséquence un affaiblissement global du corps et un déficit immunitaire. Par exemple, le risque d'infection nosocomiale est beaucoup plus élevé pour les personnes hospitalisées souffrant de dénutrition.

 

Les muscles sont impactés n’étant plus suffisamment alimentés en nutriments protéino-énergétiques, ils s'affaiblissent. Un état de faiblesse physique générale apparaît, ce qui conduit à des troubles de l'équilibre et dans certains cas à des chutes. La carence en vitamine D et en calcium favorise la fragilité osseuse et donc le développement de l'ostéoporose : le risque de fracture est alors plus grand. Comprendre les causes, c’est la première étape pour prévenir la pathologie.

 

Chez les personnes âgées, la fragilisation du statut nutritionnel s’explique en premier lieu par les modifications physiologiques liées au vieillissement : troubles de régulation de l’appétit, altérations métaboliques telles que l’apparition d’une intolérance aux glucides ou d’un diabète. La composition corporelle change, cela peut entrainer une diminution de la masse musculaire, et augmentation de la proportion de masse grasse, il y a aussi les troubles bucco-dentaires et surtout la diminution de la perception sensorielle du goût et de l’odorat.

 

Problèmes bucco-dentaires

 

Seules 3% des personnes âgées ont une dentition saine.

Les conséquences d’un problème bucco-dentaire peuvent être diverses : repli sur soi et isolement à cause d’une mauvaise haleine par exemple, perte de l’estime de soi, difficultés à mastiquer en cas de dents manquantes ou abîmées.

 

La diminution de la perception sensorielle : le goût & l’odorat

 

Chez les personnes âgées, le vieillissement entraîne une baisse des capacités sensorielles : le goût, l’odorat ou encore la vue peuvent être touchés dès 50 ans. Le goût peut être modifié par la prise de certains médicaments également. Certaines pathologies (cancers, maladies cardiaques, hépatiques, rénales, infectieuses et/ou inflammatoires chroniques, des pathologies à l’origine de mal-digestion et/ou de malabsorption) sont des situations sensibles et entraînent une diminution des apports alimentaires et/ou une augmentation des besoins énergétiques qui peuvent entrainer la dénutrition.

 

L’isolement, la perte d’autonomie, les problèmes financiers, un régime alimentaire restrictif, certains préjugés ou simplement le manque d’activité physique : ces phénomènes peuvent également avoir une répercussion sur les bonnes conditions alimentaires de nos ainés. L’isolement social et/ou familial, le manque d’aide pour l’organisation des courses et la préparation des repas, l’insuffisance des ressources financières ont un impact sur la qualité des repas.

 

La diminution des capacités physique et psychique

 

Ces deux éléments entrainent une perte d’autonomie pour les actes de la vie quotidienne, et notamment dans la préparation des repas. Le manque d’activité physique peut entrainer la perte de l’appétit également. D’autres éléments, comme l’ignorance des besoins nutritionnels, des fausses idées sur les régimes (hépatiques, sans sel, hypocholestérolémiant), une surconsommation médicamenteuse ou un choc psychologique comme un deuil contribuent à la diminution des apports nutritionnels.

 

Habituellement liées, la dénutrition endogène et la dénutrition exogène s’aggravent mutuellement, ce qui rend le traitement plus difficile et complexe.

 

Nos proches aînés n'ont pas besoin d'autant d’apports énergétiques que les jeunes. Vrai ou Faux ?

 

C'est FAUX. Une personne âgée a besoin de manger autant qu’elle le faisait à 40 ans. Contrairement aux idées reçues, les seniors devraient manger autant que dans leurs jeunes années (lorsqu'ils étaient en période d'activité physique peu intense).

 

Voici 5 conseils pour anticiper la dénutrition:

 

- Penser que les besoins en calories ne diminuent pas avec l'âge,

- Consommer au minimum 3 portions de produits laitiers tous les jours pour garder des os solides,

- Manger des protéines (viande, poisson, oeufs, produits laitiers, etc.) à chaque repas afin de conserver une bonne masse musculaire,

- Buver 8 à 10 verres par jour (eau, jus de fruits, tisane, bouillon, frappé, sirop, etc.) afin d'éviter une déshydratation,

- Manger accompagné.

 

Certains signes peuvent vous alerter et vous indiquer que l'alimentation de votre proche est insuffisante. Ce sont les indices de dépistage suivants:

 

- Avoir les vêtements qui " flottent ", devoir serrer la ceinture d'un cran supplémentaire,

- Avoir un frigo vide ou des restes de nourriture qui s’y accumulent,

- Avoir des fruits ratatinés dans la corbeille,

- Faire moins de trois repas par jour ou consommer des assiettes incomplètes,

- Ne commander les repas à domicile qu’un jour sur deux ou un repas pour 2 personnes.